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Au début du confinement, j’entendais régulièrement « j’ai le temps maintenant. ».

Au début j’avais moi aussi cette sensation « d’avoir du temps » : j’étais libérée de mes (très longs) temps de déplacement, de certaines obligations professionnelles et/ou administratives.

Heureuse illusion qui n’a pas fait long feu …

Après quelques jours, il a bien fallu déchanter : nous n’avons PAS plus de temps.

Pour beaucoup, ceux qui continuent à travailler évidemment, ceux qui ont des enfants à la maison aussi, ce temps prétendument « disponible » s’est transformé en cavalcade, peut-être pire encore que la course d’avant le confinement.

Le confinement peut, malgré cette « surcharge », nous aider à changer notre rapport au temps.

 

Mais où est passé le temps « libre » ?

Techniquement, nous n’avons pas plus de temps depuis le confinement : les journées font toujours 24 heures, et les heures 3600 secondes.

Au début, nous n’avons vu que ce qui disparaissait de notre emploi du temps, et nous avons cru avoir du temps en plus. Mais ces créneaux libérés ont été vite dévorés par de nouvelles activités comme l’école à la maison ou les repas supplémentaires à préparer. 

En clair : nous n’avons pas PLUS de temps. Nous l’organisons juste différemment.

La sensation d’avoir du temps ne signifie pas disposer mathématiquement de temps supplémentaire ! 

Elle signifie plutôt que j’ai la liberté de choisir ce à quoi je veux passer mon temps.

 

Le temps tu ne l’as jamais. Tu le prends.

Autre point : le temps est subjectif. Un temps-plaisir passe plus vite qu’un temps-contrainte même s’il a la même durée. Avoir du temps signifie aussi que nous sommes parvenus à un équilibre satisfaisant entre les activités contraignantes ou peu agréables et les activités « passion ».

En nous obligeant à réorganiser notre emploi du temps, le confinement nous donne l’opportunité de remettre de la conscience dans notre équilibre de vie, dans la répartition des tâches.

 

Pour moi, ce confinement a été bénéfique du point de vue de l’équilibre.

Il m’a conforté dans mon choix d’alléger au maximum le temps de transport en commun (ou de voiture), d’accepter de faire chaque choses en son temps.

Il y a plus de repas à préparer mais la répartition des tâches se fait sans trop d’encombres : le principal est de mettre clairement des limites et choisir ce que chacun peut faire en fonction de son âge. C’est une question de sécurité physique et mentale pour tous.

Si à l’inverse vous vous sentez encore plus bousculé.e dans votre quotidien, voici quelques questions. Leurs réponses peuvent vous aider changer notre rapport au temps :

  • En termes de choix :

- Quelle part de votre temps passez-vous à faire des choses « imposées » par les autres ou à être disponible pour les autres (enfants, partenaire, famille au sens large) ?

- Quelle part de votre temps passez-vous à faire des choses choisies (activités, travail si vous l’aimez, etc) ?

  • En termes de plaisir :

- Quelle part de votre temps est consacrée à des activités que vous appréciez vraiment ?

- Quelle part est consacrée à des activités qui vous pèsent ?

 

Changer notre rapport au temps quand le confinement nous fait perdre la notion du temps, c’est possible ?

Pour avoir « la notion du temps », nous avons besoin de marqueurs extérieurs. 

La lumière du soleil en est un (elle cale nos rythmes veille / sommeil par exemple. Les marqueurs sociaux – heures des repas, du travail, etc – en sont d’autres. L’alternance travail / week-end en est un autre.

En l’absence de ces marqueurs extérieurs, nous perdons la notion de l’écoulement du temps. On peut alors vite se retrouver perdu-e, ne plus savoir quel jour on est, ni si on est le matin ou le soir. Nous n’arrivons plus à mesurer l’équilibre des temps dont je parlais juste avant. D’où à la fois une confusion certaine et la sensation de ne jamais avoir le temps de faire ce qu’on veut.

 

Installer des marqueurs – un emploi du temps, des heures de repas fixes, des activités à des moments/jours réguliers, etc – permet de diminuer la confusion, donc d’avoir moins le sentiment d’être perdu-e et d’avoir une vision un plus « objective » de notre utilisation du temps.

ET SURTOUT : instaurer un moment en famille pour décider ensemble de tout ceci !

Ce n’est pas aux parents d’imposer leur choix, mais bien de connaître les envies et les besoins de chacun.

La notion de l’écoulement du temps me rappelle aussi un sujet d’importance : le FUTUR ! 

Si nous voulons changer notre rapport au temps, la place du futur est en effet essentielle …

 

 

Que devient le futur quand on est confiné ?

Avez-vous remarqué comment notre futur n’a jamais occupé une aussi grande place que depuis qu’il est devenu incertain ?

Avant le confinement, j’agissais comme si je croyais que le futur était toujours changeable. Puisque le futur était toujours là, disponible, il serait bien temps « plus tard » d’y penser. Après tout c’est l’instant présent qui compte n’est-ce pas ?

 

Pour le futur, je verrai tout à l’heure (ou demain), là j’ai un truc bien plus important à faire.

En mettant un stop indiscutable à mon activité, le confinement a créé les conditions dont j’avais besoin pour me poser les bonnes questions et que je remettais toujours à plus tard.

Il m’a redonné la conscience en ma capacité à CHOISIR ce que je veux faire de mon temps. Il m’a donné l’occasion de voir à quel point j’étais emprisonné dans ma roue de hamster, à croire que tout ce que je faisais était indispensable et que je ne pourrai pas m’en sortir financièrement sans ça.

L’incertitude sur le futur créée par l’épidémie a rendu celui-ci bien plus présent. Maintenant plus que jamais, j’ai conscience que chaque choix que je fais pèse sur mon futur. Que mes choix (et incertitudes) passés ont créé un futur qui ne me plait pas (par certains aspects du moins).

 

 

Non, ce n’est pas l’instant présent qui compte mais son impact sur le futur.

Et ça change tout ! Au moment où l’incertitude est la plus présente, j’ai choisi de me projeter malgré tout dans le futur. Je réfléchis et j’agis pour construire le futur dont je voudrais, même si ce confinement n’avait pas de fin, haha !

Ce confinement nous aide à changer notre rapport au temps en nous fournissant des opportunités.

Le confinement nous fournit à tous et toutes des opportunités de changer notre rapport au temps : équilibre de vie, impact du passé, place du futur, responsabilité dans nos choix, changements possibles …

 

Je vous propose donc 4 questions pour tirer le meilleur de ce moment :

  • Dans ce confinement

- Qu’est-ce qui vous déplaît vraiment et que vous ne voulez SURTOUT pas voir se poursuivre ?

- Qu’est-ce qui vous plait VRAIMENT et que vous aimeriez vraiment conserver quand ce sera terminé ?

  • Dans votre vie « d’avant »

- Qu’est-ce qui ne vous manque PAS DU TOUT et que vous ne voudriez SURTOUT PAS retrouver ?

- Qu’est-ce qui vous manque VRAIMENT ? (ce à quoi vous pensez régulièrement en regrettant de ne pas y avoir accès, attention pas les activités « fuite » que vous faisiez pour « tenir bon » face à un équilibre de vie pas top !)

 

A quoi suis-je prêt-e à RENONCER pour atteindre l’équilibre dont j’ai envie ?